Un jour, on fait la liste de tous les défauts, même les toutes petites choses ultra horripilantes qui font que,
parfois, on ne peut plus voir l'autre en peinture. On énumère, on compte les mauvais points, les papiers de Kinder Maxi qui traînent partout, le fait qu'on contient son envie féroce de
hurler à chaque fois que son téléphone ou msn sonne au moment de se mettre à table (et que, donc, on attend encore 15 minutes que sa seigneurie daigne vous faire l'honneur de sa présence
aux heures des repas), le tube de dentifrice qui n'est jamais rebouché (et que donc, le dentifrice est tout sec au bout du tube), cette horreur de chanson qu'on déteste et à laquelle on a droit
tous les soirs à fond les balons parce que c'est son tour de choisir l'ambiance sonore...
Au départ, ces petits défauts, on les trouve "mignons", au fil des mois et des années, ce sont comme des petites
piques qui se plantent sournoisement dans le dos, qui hérissent le poil, tant et si bien qu'on finit par gueuler sans arrêt pour des détails sans importance. La différence, tient peut-être dans un
léger détail. Au début, sauf quand on tombe sur une déménageuse éclair, on reste chacun chez soi, on a pas à supporter le mode de vie de l'autre. Et puis un jour, on partage son espace, ses défauts
si "mignons" deviennent insupportables, nos défauts deviennent des tremplins pour des reproches permanents.
On en vient même à penser, pendant certains moments de colère sourde, qu'"on était bien mieux avant", avant de
partager son lit, sa vie, son quotidien, sa salle de bains. On oublie parfois que "avant", on rentrait beurrée de soirées aussi déjantées qu'éphémères pour retrouver un appartement vide, on se
frayait un chemin au milieu des cadavres de Kro et d'Eristoff pour retrouver un petit lit une place où on s'endormait seule pour se réveiller le lendemain avec pour seule compagnie sa gueule de
bois, des cachetons d'aspirine et Evelyne Thomas (je peux sentir ton rire narquois ami lecteur, amie lectrice, oui, mon grand âge fait que, moi, je décuvais devant "C'est Mon Choix"). Sous des airs
de "moi je m'engerai jamais, ça m'intéresse pas, I'm a fucking free bird !", on versait un torrent de larmes devant Notting Hill, on se refaisait l'intégrale des Sissi avec les copines munies d'un
stock impressionnant de chocolats, chamallows et mouchoirs et, au fond, on espérait sans trop s'y attendre que "l'élue" pointerait un jour le bout de son joli minois.
En fin de compte, ses défauts, ça fait partie des premières choses qui manquent. Quand ils sont là, on espère qu'une
chose, c'est qu'ils disparaissent et, une fois qu'ils se sont envolés avec leur propriétaire, on se sent comme vide. On est plus réveillé par le bruit du sèche-cheveux à 7h du mat' alors
qu'on aurait pu et voulu dormir jusqu'à 11h, le tube de dentifrice est bien bouché, rangé à sa place, tout est nickel, c'est déprimant. Parce que, mine de rien, les défauts horripilants
remplissaient bien la journée et les conversations. On finit par vouloir les retrouver, le "mignon" revient au galop. Alors est-ce que c'est le quotidien qui rend certaines choses insupportables ?
Les défauts, ils sont plutôt amusants en fin de compte, on fait des batailles rangées avec les potes pour savoir qui supporte quoi, on se marre en écoutant les autres dire "ouais ben elle quand
elle fait ça, j'ai envie de la baffer !". C'est ce qui rend la personne et l'histoire uniques, marrantes, touchantes parce que les défauts des uns ne sont pas forcément les défauts des
autres.
Note de la rédaction :
J'ai un peu foiré la dernière vignette. Sinon découverte d'un autre blog BD :http://www.crayonnage-fever.com/. Comme tu pourras le voir ami lecteur,
amie lectrice, j'ai un peu repompé les planches pour la position du personnage et tout.Bon après pour le reste, c'est de moi, pas de soucis.Je galère encore un peu pour dessiner des vignettes sans modèle (pour les perspectives, la position du perso surtout) donc je pompe encore un peu sur les voisins. Je
m'excuse auprès d'eux, j'espère qu'ils ne m'en tiendront pas trop rigueur et que toi non plus. Qu'on se le dise, je n'ai pas du tout l'intention de m'approprier le boulot des
autres.
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Blog d'une gratteuse de cailloux aux petits/grands déboires habituels de la vie du commun des mortels/des paumés qui ont choisi de faire carrière (mouah ha ha ha !!!) dans le grand bordel qu'on appelle communément "archéologie"
Courrier des lecteurs